Bientôt la nuit

novembre 23, 2016

En Albanie

Classé dans : Uncategorized — bientotlanuit @ 9:22

Il y a des jours qui marquent les mémoires, et m’est avis que le monde se souviendra longtemps d’un certain 8 novembre de l’an de « grâce » 2016 : parce que, clairement, la démocratie en a pris un sacré coup. Je n’oublierai jamais les visages déconfits de mes compagnons de route au lendemain de cette élection si particulière. Quand Trump a remporté les suffrages, je faisais en effet un voyage de groupe à Tirana en Albanie. Du coup, le jour même, nous avons passé la soirée tous ensemble pour suivre les événements. La plupart des participants étaient sûrs que c’est Clinton qui allait gagner : ils pensaient l’élection du milliardaire trop extravagante. Mais de mon côté, je ne partageais pas du tout cette conviction. C’était à mon sens prendre ses désirs pour des réalités. Et c’était faire l’impasse sur la mentalité américaine. En fait, j’étais convaincu que la démocrate avait peu de chances de conquérir la Maison Blanche. Je voyais bien que les experts se voulaient rassurants : mais ils avaient beau donner la candidate gagnante, ça ne me faisait pas changer d’avis. Quand on y pense, ils n’avaient pas non plus su prévoir la façon dont le républicain allait s’imposer lors des primaires ! Et je crois que saisir pourquoi ils n’ont rien vu venir est essentiel. Il est important de comprendre ce qui s’est passé : une partie de l’électorat de Trump n’apparaissait pas du tout dans les sondages. Et pour cause : ces électeurs ne donnaient pas leurs véritables intentions de vote ! Ce sont ces gens totalement imprévisibles et en nombre inconnu qui, bien plus que les supporters « de base » de Trump, l’ont propulsé au sommet, à la tête de la plus grande puissance mondiale. Et je crois que la plupart de ces votants invisibles n’adorent pas nécessairement les idées fantasques du candidat. Sérieusement, un mur de 1600 km plus haut de 30 cm que la Muraille de Chine ? Mais peu leur importe, car ils ont en commun une chose essentielle : ils en ont assez de la mondialisation et des délocalisations, assez d’être laissés-pour-compte. Ils souhaitent du changement, et s’il y a bien un homme qui en propose un radical, c’est bien le milliardaire contestataire. Quant à deviner à quoi ressemblera notre monde d’ici quatre ans, alors là, c’est quasiment impossible. Les règles du jeu ont changé. En fait, depuis ces élections, on vit dans un monde où une pile ou face peut se finir avec une pièce qui se retrouve sur la tranche… Sinon, j’ai beaucoup apprécié ce voyage de groupe: la destination elle-même, évidemment, mais aussi les animations auxquelles nous avons eu droit tout au long du séjour. Si vous souhaitez découvrir ce pays et passer outre les a priori, suivez le lien pour l’organisateur de ce voyage en Albanie, ils sont excellents.

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novembre 18, 2016

Tchernobyl: 30 ans

Classé dans : Uncategorized — bientotlanuit @ 2:06

L’Ukraine marque mardi le 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, pire accident nucléaire de l’Histoire, ayant fait, selon certaines estimations, des milliers de morts et contaminé jusqu’aux trois quarts de l’Europe. A cette occasion, le chef de l’Etat ukrainien Petro Porochenko et Suma Chakrabarti, président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), qui gère un fonds pour la sécurisation du site, vont se rendre à la centrale accidentée de Tchernobyl, à seulement une centaine de kilomètres au nord de Kiev. Ils vont y déposer des gerbes à la mémoire des victimes de la catastrophe et assister à la signature d’un accord sur l’octroi par la Berd de 40 millions d’euros pour la construction d’un dépôt pour le combustible nucléaire usé de Tchernobyl. Dans la nuit, des habitants avaient par ailleurs déposé, comme tous les ans, des fleurs et des bougies au pied du monument aux victimes de Tchernobyl à Slavoutitch, ville située à une cinquantaine de kilomètres de la centrale et construite après la catastrophe pour loger des employés du site. “Trente ans après l’accident de Tchernobyl, il est crucial de mener des efforts conjoints, l’Ukraine et la communauté internationale, pour transformer le site en un lieu sûr pour l’environnement”, a souligné M. Chakrabarti à Kiev lundi. Le 26 avril 1986, à 01H23, le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl explosait au cours d’un test de sûreté. Pendant dix jours, le combustible nucléaire a brûlé, rejetant dans l’atmosphère des éléments radioactifs qui contaminèrent, selon certaines estimations, jusqu’aux trois quarts de l’Europe, mais surtout l’Ukraine, le Bélarus et la Russie, alors républiques soviétiques. Moscou a d’abord tenté de cacher l’accident. Si la première alerte publique a été donnée le 28 avril par la Suède, qui avait détecté une hausse de la radioactivité, le chef de l’Etat soviétique Mikhaïl Gorbatchev n’est intervenu publiquement que le 14 mai. Au total, 116.000 personnes ont dû être évacuées en 1986 d’un périmètre de 30 kilomètres autour de la centrale, toujours zone d’exclusion aujourd’hui. Dans les années suivantes, 230.000 autres ont connu le même sort. Aujourd’hui, cinq millions d’Ukrainiens, Bélarusses et Russes vivent toujours dans des territoires irradiés à divers degrés. En quatre ans, quelque 600.000 Soviétiques connus depuis sous le nom de “liquidateurs” ont été dépêchés sur les lieux de l’accident avec une faible protection, voire aucune, pour éteindre l’incendie, construire une chape de béton afin d’isoler le réacteur accidenté et nettoyer les territoires aux alentours. Aujourd’hui, le bilan humain de la catastrophe fait toujours débat. Le comité scientifique de l’ONU (Unscear) ne reconnaît officiellement qu’une trentaine de morts chez les opérateurs et pompiers tués par des radiations aiguës juste après l’explosion. Un rapport controversé de l’ONU publié en 2005 a évoqué “jusqu’à 4.000″ décès avérés ou à venir dans les trois pays les plus touchés. Un an plus tard, l’ONG Greenpeace a évalué à 100.000 le nombre de décès provoqués par Tchernobyl. Malgré la catastrophe, trois autres réacteurs de Tchernobyl ont continué de produire de l’électricité jusqu’en décembre 2000. Le “sarcophage” de béton bâti à la va-vite en 1986 au-dessus du réacteur accidenté menaçant de s’écrouler et d’exposer à l’air libre 200 tonnes de magma hautement radioactif, la communauté internationale s’est engagée à financer la construction d’une nouvelle chape plus sûre. A cette fin, un fonds géré par la Berd a été créé et, au fil des années, les fonds pour ce projet, d’un coût total de 2,1 milliards d’euros, ont été réunis. Une gigantesque arche étanche en acier, lourde de 25 tonnes et haute de 110 mètres, est déjà assemblée et va être glissée au-dessus de la vielle chape pour devenir opérationnelle fin 2017. Avec une durée de vie de 100 ans au minimum, le nouveau sarcophage réalisé par le consortium Novarka, coentreprise des groupes français Bouygues et Vinci, devrait donner du temps aux scientifiques pour enfouir les restes du réacteur accidenté et décontaminer le site, mais pour l’instant le financement de ces opérations n’est pas clair. Lundi, lors d’une conférence de donateurs internationaux à Kiev, il a été annoncé que 87,5 millions d’euros avaient été accumulés pour la construction d’un nouveau dépôt de stockage du combustible usé des réacteurs numéros 1,2 et 3 de Tchernobyl.

Luxembourg: ne pas se frotter au système

Classé dans : Uncategorized — bientotlanuit @ 2:05

Trois Français, dont un journaliste, comparaissent devant le tribunal correctionnel de Luxembourg, accusés d’avoir fait fuiter des milliers de pages éclairant les pratiques fiscales de grandes multinationales établies au Grand-Duché. Antoine Deltour, le lanceur d’alerte, est accusé d’avoir organisé la fuite de ces documents fiscaux du cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers (PwC), pour lequel il travaillait à Luxembourg. Il encourt jusqu’à 10 ans de prison. Il a confié des documents au journaliste Edouard Perrin, lui aussi poursuivi, qui a révélé le scandale en mai 2012 dans l’émission “Cash Investigation” sur la chaîne de télévision publique française France 2. Edouard Perrin a, lui, été inculpé en avril 2015 pour notamment complicité de vol domestique, violation du secret professionnel et violation de secrets d’affaires. Il lui est entre autres reproché d’avoir manipulé un autre employé de Pwc, Raphaël Halet pour organiser une seconde fuite de documents. M. Halet est le troisième homme inculpé. Comme Antoine Deltour, il est poursuivi pour vol domestique, divulgation de secrets d’affaires, violation de secret professionnel et blanchiment. Leur ancien employeur, le cabinet d’audit PwC, est partie civile pour ce procès, qui doit durer jusqu’au 4 mai. Il sera suivi de près par de nombreuses ONG, alors que le Luxembourg peine à se départir de son image de havre pour les entreprises cherchant à minimiser leur fiscalité, sur fond de forte sensibilisation de l’opinion à ces sujets. Car si les récents “Panama Papers” ont mis au jour des montages complexes de société servant à dissimuler des avoirs, le scandale des “Luxleaks” a, lui, dévoilé au grand jour les pratiques fiscales utilisées par des firmes comme Apple, Ikea et Pepsi pour économiser des milliards de dollars d’impôts. Des milliers de pages confidentielles sur les pratiques d’optimisation fiscale des multinationales installées au Luxembourg ont été divulguées. Elles détaillaient les “rescrits fiscaux” généreusement accordés par l’administration, négociés par la firme PwC pour le compte de ses clients. Les faits datent de l’époque où Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, était Premier ministre du Luxembourg (1995-2013). Une membre de son équipe actuelle à Bruxelles, la commissaire à la concurrence Margrethe Vestager, a été citée comme témoin par la défense. “Nous sommes en train d’étudier la demande”, a indiqué lundi une porte-parole de l’exécutif européen. Antoine Deltour avait eu accès à tous ces documents sur la banque de données de son employeur et les avait copiées avant son départ de l’entreprise en 2010. PwC avait déposé une plainte en juin 2012, déclenchant une enquête qui avait ensuite rebondi en 2014, après la publication des documents cette fois-ci par l’ICIJ, le Consortium international des journalistes d’investigation. “Au départ, j’étais juste une source anonyme, et je me retrouve sur le devant de la scène”, a raconté Antoine Deltour à l’AFP à la veille du procès, lors d’un entretien réalisé à Epinal (est de la France), sa ville natale où il est revenu vivre. Malgré des conséquences qu’il n’avaient pas anticipées, il ne regrette pas son acte et dit avoir simplement agi en “citoyen”. Il aura du soutien mardi matin devant le tribunal de Luxembourg, avec des manifestants d’un collectif d’une vingtaine d’ONG et syndicats français. Trois eurodéputés Verts ont également annoncé leur présence, après que leur groupe a bataillé au Parlement européen contre la directive sur “le secret des affaires”, adoptée il y a une dizaine de jours par le Parlement européen. Ce texte, destiné à lutter contre l’espionnage industriel, a été largement critiqué par de nombreux journalistes et des ONG, estimant qu’il négligeait la protection des lanceurs d’alerte et des médias leur donnant la parole. Cette directive “est moins caricaturale que le premier projet” présenté, a admis l’avocat d’Antoine Deltour, William Bourdon. “Mais tant que le risque de poursuites paraîtra insurmontable, des milliers de lanceurs d’alerte resteront bâillonnés”, a-t-il estimé dans un entretien au journal français Libération. Il “faut accorder une forme d’immunité quand la révélation de l’information implique la transgression de la loi. Sinon, c’est demander aux lanceurs d’alerte d’être des héros”, a-t-il fait valoir.

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